Inondation à
Port-Marly
1876
"Barque à Port-Marly inondé" - 1876 - Musée d'Orsay

Fin et réservé, l'anglais Alfred Sisley vécut en France dans l'ombre de ses amis Monet et Renoir, avant d'être reconnu par la postérité...

English version
DEBUSSY - Suite Bergamasque, Clair de lune (1905)
 
 
C l i q u e z  sur  les  i m a g e s
 
 

Alfred SISLEY

le paysagisme britannique

Alfred Sisley s' est éteint le 29 janvier 1899 à Moret-sur-Loing, dont il a peint, à partir de 1880, tant de paysages.

Avec lui disparaissait le seul des grands peintres du groupe des impressionnistes à n'avoir pas véritablemement connu le succès de son vivant, malgré le soutien moral et financier manifesté par les marchands d'art Paul Durand-Ruel et Georges Petit, et leurs efforts pour faire découvrir son œuvre à Paris comme à l'étranger.

Pourtant, un an plus tard, à la vente Tavernier du 6 mars 1900, L' Inondation à Port-Marly (aujourd'hui conservée au musée d'Orsay) atteignait une enchère élevée en étant adjugée au comte Isaac de Camondo. Le succès, qui avait été refusé à Sisley de son vivant, s'attacha ainsi à son nom dès l'année suivant sa disparition.

Sisley est un peintre exclusivement paysagiste, celui qui, dans la lignée de Corot, et avec Monet, a le mieux cherché et réussi à exprimer les nuances les plus subtiles de la nature dans les paysages impressionnistes.

D'origine et de nationalité britannique, quoiqu'ayant vécu en France, il s'inscrit aussi, par ses paysages, dans la lignée de Constable, Bonington et Turner. S'il subit l'influence de Monet, il s'éloigne de son ami par sa volonté de construction qui lui fait respecter la structure des formes.

 


Portrait de Sisley

1868
par RENOIR
E.G. Buhrle Collection
Zurich , Suisse




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L'AVANT-GUERRE

Fils d'un riche négociant britannique établi à Paris, Alfred Sisley nait à Paris en 1839. Son père l'envoie en Angleterre à Londres, où il suivra une formation commerciale de 1857 à 1861, mais le jeune Sisley préférera, malgré la volonté parentale, se destiner à la peinture plutôt qu'au commerce : il entre aux Beaux-Arts en 1862, et à l'atelier de Gleyre, où il fait la connaissance de Renoir, Monet et Bazille.

En 1864, en même temps que ses amis, il quitte l'École des Beaux Arts, au moment où Charles Gleyre cesse d' y enseigner, et se consacre à la peinture en plein air, dans la région de Fontainebleau, à Chailly-en-Bière, puis à Marlotte de 1865 à 1866, en vivant grâce à la sécurité matérielle que lui offre son père.


Vue du Canal Saint-Martin
1870
Musée d'Orsay, Paris

 

Dès ses débuts Sisley, comme Pissarro, se consacre essentiellement aux paysages et aux représentations vivantes des rues villageoises ou des cours d'eau parisiens.

Il retrouve fréquemment Monet et Renoir pour travailler. Les premières œuvres d'Alfred Sisley ont été influencées par le réalisme de Courbet, Corot et Daubigny.

Un critique d'art écrit à son sujet, l'année de sa mort : "C'est Corot qui l'impressionne, le Corot clair et argenté, à la fois léger et solide, toujours large, profond, infini, le Corot rêveur, calme et précis...".

Il sera admis au Salon en 1866, 1868 et 1870. Ses tableaux dénotent son vif intérêt pour les impressions colorées des arbres et des édifices, et pour le jeu changeant de la lumière et des nuages au-dessus du paysage.
 

Dans le catalogue de la vente de l'atelier Sisley organisée au profit de ses enfants après sa mort, on peut lire sous la plume de ce même critique d'art " ... dans le petit groupe laborieux et insouciant, épris de lumière, que forment à Fontainebleau Monet, Renoir, Sisley, Bazille, il représente la gaieté, l'entrain, la fantaisie".

En juin 1866, il épouse Eugènie Lescouezec , une jeune fille de bonne famille, modèle et fleuriste, dont il aura deux enfants. Auguste Renoir composera d'eux en 1868, un célèbre tableau, intitulé "Les Fiancés" (dit "le Ménage Sisley") .

 


Les fiancés,
dit "Le ménage Sisley"
par RENOIR, 1868
Wallraf-Richartz Museum
Cologne, Allemagne

En 1869, il s'installe à Louveciennes, au 2 rue de la Princesse.

L'APRES-GUERRE

La guerre de 1870 va provoquer la ruine de sa famille, et Sisley, va passer, pour le reste de sa vie, du statut de fils de famille aisé financièrement, au statut d'artiste devant vivre difficilement de sa peinture.

La Commune de Paris en 1871 le conduit à se réfugier à Londres, où il rencontre le marchand  d'art Durand-Ruel, qui a ouvert une galerie pour faire connaître les artistes français. 
Il revient en France, à Louveciennes peu après les évènements.

Maintenant ruiné, il doit dans un souci d'économie quitter définitivement Paris et Louveciennes en 1874 pour s'installer en face de l'Abreuvoir de Marly-le-Roi.
 

Il fait partie en 1874 des 31 exposants de la première exposition du groupe des Impressionnistes, puis expose aux suivantes, en 1876 et 1877, sans toutefois y acquérir la sympathie, ou l'enthousiasme des critiques.

Il peint alors essentiellement à Argenteuil, Marly et Bougival. "Bateaux à l'écluse de Bougival" en 1873, " La Neige à Louveciennes " en 1874, "L'Inondation à Port-Marly" en 1876), sont parmi ses oeuvres les plus marquantes de cette époque.

 


Villeneuve-la-Garenne sur Seine
1872
Musée de l'Ermitage
Saint-Pétersbourg

Il ne quittera plus alors l'Ile-de-France , en dehors de trois courts séjours, qu'il effectuera l'un en Angleterre en 1874, l'autre en Normandie en 1894, et un dernier au pays de Galles en 1897.

En 1883, cependant Durand-Ruel lui consacre une exposition particulière et lui achète quelques toiles, mais l'intérêt pour son oeuvre reste faible.



MORET-SUR-LOING

Après 1880, Sisley alla alors s'installer dans une retraite solitaire, à Moret-sur-Loing, chef-lieu de canton de Seine-et-Marne, proche de Fontainebleau.


Peupliers à Moret-sur-Loing,
après-midi d'août
1888
Collection Privée

 

Il trouve dans cet endroit les lieux d'une vive source d'inspiration où il compose inlassablement de nombreuses toiles aujourd'hui célèbres, parmi lesquelles on peut citer "Moret sur Loing au Soleil Levant" ou "Peupliers à Moret-sur-Loing" en 1888, " Le Canal du Loing à Moret ", " La Rue des Fosses à Moret " en 1892 , ou encore "Le Pont de Moret " en 1893.

Il éprouve là un plaisir inlassable de peindre en plein air et en toute saison les paysages de cette région.



Alfred Sisley passe ici les dernières années de sa vie, dans la simplicité, et meurt en 1899, sans avoir pu obtenir la nationalité française qu'il demandait depuis 1895. Il fallut attendre sa mort pour qu'il soit reconnu comme l'un des plus grands peintres impressionnistes


 

Le langage pictural d' Alfred Sisley s'est toujours fortement inscrit dans l'impressionnisme, mais il a toujours montré également son attachement à ses premiers inspirateurs que furent Corot et Daubigny.

Ce qui le distingue, c'est cependant sa constante discrétion, la sensibilité de son inspiration, son goût pour les paysages paisibles. Il y a toujours eu chez lui une grande humilité dans sa tentative de retranscrire sur la toile l'enchantement qu'il ressentait devant les situations et les paysages réels.

D'aucuns y ont vu un manque de personnalité artistique, son éventail thématique étant effectivement restreint aux seuls paysages, dans lesquels quelques personnages font parfois office de décor, sans aucun trait vraiment personnel. De son vivant, il ne sera jamais considéré, par les amateurs d'art, que comme un peintre du mouvement impressionniste peignant un peu comme Monet. Pourtant les tableaux de Sisley présentent une atmosphère positive de beauté, de clarté et de légèreté, et représentent un haut degré d'aboutissement impressionniste.

 


Le pont de Moret
1893
Musée d'Orsay, Paris

 

Autres oeuvres d'Alfred SISLEY


 

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Marc GERONDEAU :
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